Mercredi 9 mars 2016 à 22:34

quelqu'un s'est absenté
du jour de son anniversaire

depuis
chaque année
le neuf mars tourne à vide

déserté - le neuf mars
pâli - roidi
sans habitant
peuplé de voeux de bougies et de cartes
dont le destinataire
ne reviendra
jamais

http://monochrome.dream.cowblog.fr/images/200530236001-copie-1.jpg

Dimanche 31 janvier 2016 à 16:49

de quoi nos vies seront elles faites ?

voici levée
en pleine pluie
une autre race de soleil

mes yeux rôdent rêvant
sous les volets du vis-à-vis
tout à leur météo contradictoire

ce qu’on a chaud sous ces ciels bas

de quoi nos vies seront-elles faites ?

d’un corps à la peau ce soir douce
lentement qui balance
et fond au fond d’un trou sans nom

nos vies de vin versé
– et cet air de ne pas savoir au bras de quelle enfance on s’accroche en ne parlant plus

nous vieillirons un jour
nous nous sèmerons miette à miette
pour finir, parce que la nappe est agitée à la fenêtre, par disparaître
non par tomber
par disparaître

Mardi 12 janvier 2016 à 22:43

Pluies toujours, colère de pluies
Nous roulons sous des claquements d’eaux
Nous roulons dans l’eau suspendue
Nous roulons sur un tel miroir que nous roulons sur nos voitures
Nous roulons sur nous renversés, roues contre roues, nos propres feux sous nos propres pas,
Un camion tracte son nuage - nous lui passons devant
Les pneus sur le vent, nous roulons
Nous rayons la surface agitée des flots
Qui cicatrise
D’autres passent après nous qui la rayent à leur tour
Elle cicatrice
L’eau ne souvient pas
Nous suivons de mémoire les lignes de rive effacées
Nous traversons de la tempête
Les indications apparaissent trop tard
On dirait des fantômes surgis du brouillard
« Croix de Hauconcourt » vers Paris
Prendre la sortie vers Paris
On dirait des tableaux de pluie

http://monochrome.dream.cowblog.fr/images/200530236001-copie-1.jpg

Lundi 11 janvier 2016 à 20:00

en regardant la pluie tomber si fort, comme je pensais à voix haute au niveau des nappes phréatiques qui remontait, j'ai dit "ça remplit le biberon des arbres" - les trois autres se sont tournés vers moi et m'ont souri ensemble - trois sourires tendres

Dimanche 10 janvier 2016 à 0:39

http://monochrome.dream.cowblog.fr/images/124764861035738643156973434277923n.jpgExposition à la Gare Saint-Sauveur - Lille, janvier 2016
 
Sans le tas de pavés, qui paraît insensé, cette pièce redevient le hall d'une gare désaffectée. Dieu merci, le tas était là pour réécrire le lieu. J'ai oublié ce qu'on lui a fait dire sur la notice, au tas... Pire : je comprends à peine ce qu'il signifie pour moi. Il épelle son encombrement. Il dit qu'il n'a rien à faire là. Rien n'a rien à faire là. Il désigne sa place comme une place quittée, de ruines, comme un passé spatialisé où ne passent plus que quelques âmes nostalgiques égarées dans leur promenade.

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